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SÉRIE : Un nouveau Cameroun est possible (Épisode 5)
LE FATALISME : CE VIRUS QUI TUE LES NATIONS LENTEMENT
« C’est le Cameroun hein… » : la phrase qui enterre les rêves
Il existe au Cameroun un virus plus dangereux que certaines pandémies.
Un virus silencieux. Invisible. Très contagieux.Il ne provoque ni toux ni fièvre. Pourtant, il détruit des vies, tue des ambitions, ralentit des peuples et transforme les nations prometteuses en immenses salles d’attente.
Son nom : le fatalisme.
Le fatalisme, c’est cette manière élégante d’accepter l’inacceptable.C’est ce réflexe national consistant à hausser les épaules devant le désordre, l’injustice, l’incompétence ou le déclin.
Un pont s’effondre ?— « C’est le Cameroun hein… »
L’électricité disparaît pendant une semaine ?— « On va faire comment ? »
Des jeunes brillants croupissent au chômage pendant que les médiocres prospèrent grâce aux réseaux ?— « Mon frère, c’est Dieu qui donne. »
Un concours sent étrangement le favoritisme ?— « Tu peux faire quoi ? »
Ainsi naît le citoyen résigné : celui qui souffre, critique un peu au tournant, plaisante au bar… puis retourne tranquillement dormir dans le cercueil de ses espérances.
Le fatalisme est une dictature psychologique.
Il persuade les peuples que rien ne changera jamais.
Il convainc les jeunes que le mérite est une blague.Il apprend aux honnêtes gens à admirer les raccourcis.
Il transforme l’indignation en humour et l’échec collectif en folklore national.Le plus tragique, c’est qu’à force de répétition, l’anormal devient normal.On ne s’indigne plus.
On s’adapte.Nous sommes même devenus, parfois, de véritables champions de la survie au dysfonctionnement :
Plus d’électricité ? Groupe électrogène.
Plus d’eau ? Forage personnel.
Pas d’emploi ? Cherche un « grand frère ».
Dossier bloqué ? Trouve quelqu’un « qui connaît quelqu’un ».
Institution inefficace ? Prière intense.
Puis, avec un certain génie national, on appelle cela : la débrouillardise.
Soyons sérieux.
La résilience est admirable. Mais lorsqu’une société passe plus de temps à contourner les dysfonctionnements qu’à les corriger, il faut avoir le courage de poser les vraies questions.
Non, s’adapter à l’inacceptable n’est pas toujours une victoire.C’est parfois le symptôme d’un pays qui s’habitue trop vite à ce qu’il devrait refuser.
Aucune nation ne progresse durablement avec un peuple qui répète chaque jour :« Ça a toujours été comme ça. »
Car toutes les grandes transformations de l’histoire ont commencé le jour où des citoyens ordinaires ont cessé de considérer le désordre comme une tradition nationale.
Le Japon d’après-guerre aurait pu sombrer dans le découragement.
Le Rwanda après le génocide aurait pu rester prisonnier de son traumatisme. La Corée du Sud aurait pu se contenter de survivre.
Mais certains peuples refusent un jour de faire du malheur une identité culturelle.
La vérité est parfois brutale : Le fatalisme est confortable.Il dispense de se battre. Il évite la responsabilité.Il offre une excuse permanente à nos renoncements. Et tant qu’un peuple confondra patience avec résignation, endurance avec acceptation et foi avec passivité, le progrès restera une promesse de discours.
Car au fond, une question demeure : voulons-nous simplement survivre au Cameroun, ou enfin participer à sa transformation ?
Un nouveau Cameroun n’est pas une illusion. C’est un choix. Et ce choix commence le jour où nous cessons de dire : « C’est comme ça ».
Restez fidèles à cette page pour la suite de la série « Un nouveau Cameroun est possible ».



































